CITROUILLE

12 février 2014

miroir

Soigneusement tu masques, coquette mandarine,
De fard chaque matin, l’ovale de ton visage
Par un pinceau de soie doucement tu saccages
La douceur de ton teint sous cette poudre assassine.

Flétrissant ta jeunesse dans cet écrin factice
Ton minois se dépare de toute sincérité
Et l’on dirait un masque, ornement mensonger
Serais-tu des citrouilles l’humaine ambassadrice ?

Peut-être souffres-tu de forts troubles oculaires ?
Prendrais-tu pour Panurge ce légume bedonnant
Et suivant son exemple, mouton peu clairvoyant
De nuances orangées ta carnation s’altère ?

Voudrais-nous cacher certaines activités
Serais-tu saltimbanque, fallacieuse nymphette,
Et trop consciencieuse, te tenant toujours prête
Tu serais nuit et jour abondamment grimée ?

Ou bien peu-être es-tu férue de préhistoire
Et de tes origines un peu mélancolique ?
Nos ancêtres foulaient la terre rouge d’Afrique
Pieusement tes pommettes honorent leur mémoire.

Caches-tu sous tant de crème des peurs inavouées,
Craindrais-tu  tant sans ruse l’opprobre du miroir
Pour ombrer tes paupières au khôl du désespoir
Et ainsi alléger l’inique joug de Psyché?

Belle enfant, ne fane pas ta nitide fraîcheur
Ôte de ta figure ce subterfuge odieux
Car sous tant d’artifices, ce n’est que poudre aux yeux
Voilant la nitescence des élans de ton coeur.

A Little Piece Of Hope

19 janvier 2014

Rythm in my head
A sweet beat of blues
Ideal day for a walk out
Near my path I can feel
Beautiful minds crossing the air
Over me, good vibrations
Why getting worked up ?

Lullaby of my dark days
Is there any chance that you’d come back ?
Never will I be sad again
Knowing what I know today
Ideal day for a walk out
Near my path I can feel
Gorgeous minds crossing the air

Hear what I say, folks
Every day is a new day
And your the sunshine of your life
Rythm guides your heart
Turn around and see the world
Sun will never stop to shine.

Image
Those words came to me hearing her sweet voice.

Le Temps Qui Passe

11 juillet 2013

Le temps qui passe
Nous laisse flous et incertains
Pas de promesses sans lendemain
Sans souvenirs que rien ne chasse

Le temps qui passe
Brise comme lame sur les rochers
l’enfance et sa naïveté
L’avenir est une triste impasse

Le temps qui passe
Tueur d’espoir, voleur de vie
Les regrets restent quand meure l’envie
De surmonter ce qui nous casse

Le temps qui passe
Enchaîne notre liberté
A des personnes et des idées
Plante des barrières que rien n’efface

Le temps qui passe
Jeu si dur aux règles fatales
Suis-je libre ou juste vassal
Des événements qui me tracassent ?

Le temps qui passe
Est un torrent que rien n’arrête
Nous sommes brindilles dans la tempête…
A qui pouvoir demander grâce ?

Montres Molles, Dali

Fou comme l’océan, dans la rage de l’ouragan
Fou comme un papillon de nuit, amoureux d’une bougie

Fou comme le vent, comme un enfant, comme si jamais auparavant
On n’avait invoqué la raison pour faire taire nos passions

Esprit sauvage et indompté,
Porté par un souffle irréel,
A quoi t’es-tu donc enchaîné,
Qui t’a volé ton étincelle?

Fou comme une flamme vacillante dans l’ombre d’une porte grinçante
Fou comme une larme dégringole au milieu de ceux qui rigolent

Fou comme cette plainte hurlée, est-ce une insulte ou un regret ?
Trop étouffée dans la poitrine elle a vibré sur les collines

Esprit malade et tourmenté…
Quand il t’avait poussé des ailes,
Quelle tristesse de te voir ramper.
Ranime l’éclat de tes prunelles !

Fou comme l’oisillon osant son premier bond
Fou comme un amoureux risquant son doux aveu

Fou comme la jeune primevère survit aux rudes nuits d’hiver
Chétive dévote en sommeil attendant pieusement le soleil

Esprit vulnérable mais si fier
Éveille ta force et ta gaieté
Ne tient qu’à toi que sur cette terre
L’on rêve encore de liberté.

Lettre dans la tempête

22 avril 2013

Je saurais pas comment te dire
C’est pas d’la déprime, c’est pire.
J’ai l’impression d’étouffer
Et j’me sens prêt à pleurer.

J’voudrais qu’une tempête balaie
Mes jours moroses et sans attraits!

Mais malgré mon coeur qui se serre
Je te dis : « Hé, faut pas s’en faire! »
Pourquoi? Je n’sais jamais pourquoi,
J’voudrais parler, je reste coi.

J’veux une tempête dans ma caboche
Pour dégager tout ce qui cloche!

J’ai les larmes dans les starting-blocks
Et ma bonne humeur qui débloque…
J’ai toujours eu d’la joie à l’âme,
Ce soir le vague éteint ma flamme.

Et dans la tempête ma barque coule
C’est au chagrin que je me soûle.

Et t’as bien vu que je riais bête,
Bien trop bruyant pour être honnête,
T’as bien vu que mes yeux fuyaient
Les questions muettes que tu posais.

C’est une tempête d’hypocrisie
Mais malgré ça tu as compris.

Dans mon silence je m’égare,
J’attends, comme sur un quai de gare,
Un train pour m’emm’ner vers nulle part
Sans dire à personne que je pars.

Comme une tempête m’emporterait
Faire prendre l’air à mes regrets.

Je reste là et je n’dis rien.
J’attends cette voix qui m’dirait « Viens »
Mais seul l’écho de ma tristesse
Ose répondre à ta tendresse.

Pas de tempête à l’horizon
Car mes pensées sont ma prison.

Errance

31 janvier 2013

J’suis perdue, j’suis perdue

Le monde est un bel inconnu

Plein d’promesses il m’est apparu

Si séduisant que je l’ai cru

Je pensais m’y être fait une place

Être de celles que rien ne casse

Fière de mon reflet dans la glace

Et voilà que tout me dépasse

              J’suis pommée, j’suis pommée

              Tant d’égoïstes m’ont blessée

              On cherche, jamais rassasiés

              A toujours plus posséder

              Ne trouverai-je jamais quelqu’un

              Pour me guider sur ce chemin

              Quelqu’un d’honnête, de fort, de bien

              Ardent soldat du bien commun

                               J’suis dans l’erreur, j’suis dans l’erreur

                               J’voudrais bien trouver le bonheur

                               Seulement j’sais même plus l’fond d’mon coeur

                               Aucune certitude ne demeure

                               A quoi accrocher mes amarres

                               Quand même mes pensées se barrent

                               Et m’abandonnent dans ce trou noir

                               Chaque nuit je noie mon cafard

                                                    J’me sens triste, j’me sens triste

                                                    Je sais même pas pourquoi j’existe

                                                    J’voudrais rien qu’un indice, une piste

                                                    Au moins être sûre qu’il faut qu’j’insiste

                                                    Qu’on finit bien par être heureux

                                                    Que s’accrocher à cet enjeu

                                                    C’est pas qu’du vent, c’est pas qu’du feu

                                                    Qu’existe encore le merveilleux…

(CA)RAVAGE

31 août 2012

Le soleil daigne faire un tour
Dans le jardin de notre amour
Tes yeux soudain sont remplis d’or
Et je me perds dans ce trésor
Et si le vent soudain se lève
Chassant la lumière et nos rêves
Tes pupilles noires posées sur moi
Me fascinent sans savoir pourquoi

Comme dans une toile du Caravage
Notre aventure en clair-obscur
Notre amour en contre-jour
Mon coeur est pris à l’abordage

L’ombre s’étend et je m’évade
Tu disparaîs, tout est maussade
Je veux fuir la grande mascarade
L’amour ne serait qu’une façade?
Je voudrais te le dire cent fois
Je voudrais te le dire chaque fois
Sans toi mes journées sont vides
Et l’avenir paraît morbide

Comme dans une toile du Caravage
Notre aventure en clair-obscur
Notre amour en contre-jour
Le quotidien sans maquillage

Je me débats contre le temps
Pour oublier, vivre au présent
Les souv’nirs surgissent en pagaille
Me font aimer les p’tits détails
Toutes ces choses auxquelles on ne pense pas
Qui soudain se rattachent à toi
Deviennent alors si précieuses
Rayonnent d’une douceur merveilleuse

Comme dans une toile du Caravage
Notre aventure en clair-obscur
Notre amour en contre-jour
De ma vie en est l’apanage

Je t’aime comme je respire
Je t’aime tant mais comment le dire
Pour que nos mains restent enlacées
Ma tête sur ton épaule posée
Nous éviterons tous les naufrages
J’aurai le bonheur pour corsage
Tant que nos élans de tendresse
Nous poussent l’un vers l’autre sans cesse

Comme dans une toile du Caravage
Notre aventure en clair-obscur
Notre amour en contre-jour
Se donner chaque jour davantage.

COURSE

27 mai 2012

Par insouciance ou par envie
Vite je m’élance vers d’autres vies.

Vidant sans cesse mon énergie
J’irai fuir cette léthargie.

Gymnastique du corps et de l’âme!

Amoureuse et vive comme la flamme,
A mes doutes, jamais je ne cède
C’est dans l’élan qu’est mon remède.

Mes directions changent sans cesse;

C’est si grisant, à toute vitesse
Tester les limites du temps
Tant pis si plus personne n’entend
Tant pis si personne ne m’attend
Tenter l’impossible pourtant.

Et
Soudain

Ralentir

M’arrêter

Puis
Mourir.

Image

R/Tic tic tic toc
Je suis pas mélancolique
J’dilue mes tocs
A
mbiance anesthésique

La pluie voudrait s’inviter
Dans mon décor
Une heure qu’elle s’esquinte à frapper
D’plus en plus fort.

Amorphe, je l’entends redoubler
Tous ses efforts
Pour éveiller une pensée
Dans mes yeux morts

R/Tic tic tic toc
Je suis pas mélancolique
J’dilue mes tocs
Ambiance anesthésique

Prendre place dans les éléments
Sans impatience
Bercée par l’air languissant
De cette danse

Ce que je suis sous le vent?
Une âme errante
Plus envie de faire semblant
d’être vivante

R/Tic tic tic toc
Je suis pas mélancolique
J’dilue mes tocs
Ambiance anesthésique

L’averse a lavé les tristesses
Et les pavés;
Ne reste qu’une humide promesse
Qu’elle a semé

Serment comme une ride sur l’eau
Vite estompée
Cet ange en pleurs tombé de haut,
S’est relevé.

Forteresse immobile, béante entre deux portes,
Racle, déchire, ronge la lèpre de ce jour,
Absorbe dans ta nuit le bois mort de mon âme,
Radeau sans naufragé en bordure de l’oubli.

 

La lumière de la voie lactée redessinait les hauteurs du puits en une auréole scintillante, juste rythmée par la rigueur de la maçonnerie. Une corde tordue en nœuds innombrables pendait jusqu’au fond noyé dans un demi mètre d’eau.

Mon dos intrus adossé au mur sentait le roc noir entamer son lent travail d’absorption. L’étroitesse de la cage enterrait toute tentative de raisonnement. Je quittai le mur pour échapper à l’angoisse. Je n’étais plus capable de penser au-delà : une ville abandonnée, un puits, un peu d’eau… je ne parvenais pas, dans ce silence trop marqué encore de ce qui l’avait fait naître, à redonner à ces mots leur simplicité diurne.

Je ne savais plus si mes yeux étaient ouverts ou fermés, je ne sentais que mes pieds dans l’eau ! J’aurais voulu les sortir du rêve qui m’avait amenée jusqu’ici. Je devinais dans l’ombre poreuse une surface légèrement mouvante. A cette profondeur, l’eau avalait les derniers reflets dans un soupir. Un à un, les événements de la journée s’envasaient sous mes pieds. Ils avaient perdu leurs témoins.

L’humidité me collait au visage un linceul glacé et poisseux. La nuit de l’eau coulait un pacte sournois avec la nuit de l’air. Je les sentais unir leurs efforts pour m’imprégner de leurs ténèbres moites et m’effacer…  Le froid me fit réagir : je fis quelques pas et l’objet que vint heurter mon pied brisa la complicité de ces deux abîmes.

Un rapide tâtonnement m’informa qu’il s’agissait d’un ancien boîtier d’ordinateur. Je le relevai et le calai doucement contre le mur pour  m’asseoir dessus. Sans être confortable, cette position de fœtus améliora ma situation : mes pieds étaient au sec et la sensation de froid s’estompait.

C’était incroyable de trouver un de ces vieux trucs ici ! Je me souvenais que le premier avait été découvert à l’entrée d’une grotte au lieu dit Frontières Noires. On racontait que, dans les mois qui avaient suivi, ses habitants avaient connu un incroyable essor de leur technologie. La légende n’avait rien eu d’autre à se mettre sous la dent car cette ville avait été rayée de la carte .

Par la suite, on en avait découvert beaucoup d’autres ; on les avait démontés pour comprendre la source de l’étrange hologramme bleu qu’ils produisaient parfois. Le vieil ermite Frediche avait une théorie à ce sujet : il appelait ça « l’Eternel retour ». Mais l’important, c’est qu’on en tirait nos meilleurs composants.

Je me souvenais du poste de radio qu’un ami m’avait bricolé avec un de ces composants…… J’avais aussi une belle collection d’écrits. Deux murs entiers leur étaient consacrés. Je regrettais ma maison. J’étais partie trop vite. Je me souvenais de tous les travaux réalisés et de la formidable énergie qui m’avait épaulée durant ces années.

La précédente, j’avais dû la quitter aussi. D’ailleurs, elles avaient toutes été détruites. Mes souvenirs gagnaient les profondeurs de plus en plus denses et opaques d’un espace infiniment clos. Chaque impasse du destin déchirait la ligne suivie par mes pensées sur une image resurgie de l’oubli, et chaque fois, l’impasse s’ouvrait sur une autre voie, plus lointaine encore.

Rude cartographie à rebours : à chaque étranglement, un nœud à la corde. Y avait-il à bâtir là dessus ?… Je flottais dans un labyrinthe dont l’issue était fatale, et je cherchais la prochaine porte.

J’avais sans doute somnolé un peu car en levant la tête, je constatais que le cercle noir s’était changé en un bleu sombre. Les étoiles s’éteignaient une à une.

Sortir ?

Douceur du jour qui se lève après une nuit de veille… je me laissai aller à la paix du moment, planai entre deux songes, et m’endormis. Le cercle était clair à mon réveil. Une raie de lumière solaire progressait sur le mur sombre. La corde s’embrasa jusqu’au ciel.

Sortir !

Ce matin, mon ombre sort du sable. Elle ouvre mon chemin, racine traçante, vers le prochain cordon d’humanité que je croiserai dans le désert.

 

« Et du puits amer des choses passées, des désirs inachevés, des méchancetés souffertes, montait une force qu’il n’eût jamais espérer avoir. Avec une joie inexprimable, Giovanni Drogo s’aperçut, tout d’un coup, qu’il était tout à fait calme, presqu’anxieux de recommencer l’épreuve. » Buzatti, Le désert des tartares.