Projet Android 5437dc

22 février 2014

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L’éclair. L’algue. La tortue.
Trouver l’intrus.

Quel protocole expérimental déployer pour désigner l’entité parasite, celle qui ne trouve son lieu d’être qu’ailleurs, dont la seule justification est la rature qui l’attend ?

A priori, ni l’éclair, l’algue ou la tortue n’affichent pancarte où lire « Je ne suis pas de cette liste ». L’étranger n’est jamais connu d’avance, l’étranger est latent : il sommeille en l’éclair, peut-être dans l’algue, la tortue. C’est l’éclairage sur lui jeté qui l’éveille ou le tait : l’étrange est relatif.

Relatif, car il ne s’évalue pas en soi mais toujours par rapport à un repère qui lui est extrinsèque, un facteur commun de référence, un cadre qui organise le chaos du réel en traits pertinents, comparables ; Eluard écrivait, la terre est bleue comme une orange.

Reste à choisir parmi l’infinité des cadres disponibles. L’éclair, l’algue, la tortue, tour à tour, seront intrus selon l’étalon adopté. L’étranger n’est tel que dans le cadre où il est placé.

L’éclair, l’algue ou la tortue ?
Dis-moi à quel crochet tu suspends ta question et je nommerai ton intrus.

*

Babel du regard – les perspectives sur le monde sont innombrables, chaque œil donnant forme à l’informe dans une cacophonie de points de vue. Ce soir, je lis Barjavel :

[L’homme] est enfermé dans des frontières dressées aux limites des possibilités de ses sens. Au-delà, tout lui est inconnaissable. […]

[C]e monde-là, je ne peux pas le connaître dans sa vérité, car sa vérité ne tombe pas sous mes sens, et ma raison, qui ne peut qu’en constater l’existence, est impuissante à se la représenter. Je connais seulement de cette vérité une de ses apparences, celle que me transmettent mes sens un-deux-trois-quatre-cinq. […] Vraie pour moi, déjà différente pour vous, fausse et peut-être inconcevable pour six-sept-huit-neuf.

Ou pour les êtres moins un.

[…] Le monde est infini non seulement dans toutes les directions de l’espace, mais aussi dans ses vérités.

L’homme promène sous ses pas sa propre grille de lecture. Herméneute, il apprivoise le paysage à la mesure de son être, pétrit le damier de l’espace-temps selon les algorithmes secrets de son esprit.

Secrets, car cette grille qui appréhende le monde – le rend compréhensible – n’est pas visible comme la main en saisie vers la chose. Tapie dans les ténèbres de l’inconscient, elle n’interprète de l’univers que ce qu’elle est apte à traiter et oblitère le reste ; cependant, celui qui la couve croit s’avancer dans un monde déchiffré dans sa totalité.

Imaginez ma stupeur quand fut dévoilé à mes yeux tout un pan d’univers jusque là de moi insoupçonné.

Je m’avançais, par un bel après-midi d’automne, au point 54°37’N, lorsque je fus frappé par l’existence d’une grille de lecture absente de mon inventaire – tremblement dans le sous-terrain de mes veines – grille qui me désignait, moi, intrus. Mes camarades de marche, inconscients de cette carence, bavardochaient, traçaient de leurs mots les contours de la béance qui lézardait ma lecture du monde.

…Ce n’est pas normal…

…dans la vie…

…C’est bizarre…

Et ma vision de se briser, mon lézard intérieur et son anomalie brutale révélés à mon regard.

Et tu seras, mon enfant, l’étranger que camoufle ta peau.

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Parabole de l’éléphant blanc

Il était une contrée lointaine où les hommes n’avaient pas d’ombre. En lieu de fidèle escorte, ils étaient chacun accompagnés par un éléphant blanc qui partageait tous les instants de leur vie. L’homme et l’éléphant, l’éléphant et l’homme : l’un n’existait pas sans l’autre, car c’est ainsi que le monde était fait.

A l’inverse des ombres, manifestes pour tous au pied de leur source, les éléphants blancs ne pouvaient être perçus que par leur propre compagnon. Ils étaient invisibles aux yeux des autres. Chacun, pourtant, savait que l’éléphant de l’autre était là, car c’est ainsi que le monde était fait.

Il n’était nul besoin d’enseigner aux enfants l’existence des éléphants blancs ; ce savoir coulait dans leurs veines. Ils savaient d’instinct que les autres avaient leur propre éléphant, et savaient que les autres savaient qu’ils savaient. Tandis qu’ils jouaient, les éléphants s’installaient à l’écart, confortables, massifs, implicites.

Il advint, cependant, qu’un enfant naquit sans éléphant. Tous présumèrent qu’il en avait un, car c’est ainsi que le monde était fait, et Imelik grandit sans se douter de la présence des pachydermes qu’il côtoyait tous les jours. Si parfois ses camarades de jeu se retournaient en riant vers un coin, apparemment vide, de la prairie, il n’en fit rien et les années passèrent.

Le jour de ses seize printemps, le moment vint pour lui de construire sa hutte. Imelik se mit à l’ouvrage et lorsqu’il eut terminé, fit quérir le shaman du village afin qu’il appelât la faveur des esprits bienveillants sur son seuil. Le shaman fit trois fois le tour du logis avant de rejoindre Imelik qui l’attendait à l’intérieur. Il déclama les premiers mots du chant rituel puis se tut soudainement, les yeux écarquillés entre horreur et désapprobation.

« Où est le Compartiment ? » s’écria t-il.

Imelik le regarda sans comprendre. Comment le pouvait-il ? Il ignorait qu’à l’âge adulte les éléphants blancs demandaient leur propre espace et que dans tout foyer une pièce leur était dédiée. Il n’était nulle demeure d’adulte sans Compartiment aux tentures tissées en conciliabule par l’éléphant et son compagnon, car c’est ainsi que le monde était fait.

Candide, Imelik avoua qu’il n’éprouvait pas le besoin de construire une pièce supplémentaire, ce à quoi le shaman rétorqua : « Mais tu es un homme ! »

Et ce fut ainsi qu’Imelik, confus et honteux, établit un Compartiment en sa demeure et vécut jusqu’à la fin de ses jours avec pour compagnon une interrogation trempée dans les ténèbres d’une pièce qui ne révéla jamais le mystère de sa présence, opaque, oppressante, inconnaissable.

*

Mesure le monde à l’aune de l’éléphant blanc, qui est part intrinsèque de l’homme.
Mesure le monde à l’aune de l’homme.
Car, disait Protagoras, l’homme est la mesure de toutes choses.
Encore faut-il savoir ce qu’est l’homme.

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Assis à la terrasse d’un café, je contemple le défilé des passants, faune des trottoirs sporadique à cette heure-ci. Des bipèdes à plume, principalement des moineaux et des pigeons, et d’autres sans plume, certains accompagnés d’un ou deux canis lupus domestiqués, le tout hachuré par l’ombre placide d’un platane.

Mon regard s’attarde sur les sapiens. Ne suis-je pas l’un d’eux ? Depuis mardi, la question me taraude. J’interroge leurs visages, si semblables au mien. Que diraient-ils, s’ils savaient ?

Leurs vies suivent des tracés attendus, gouvernés par des équations définies sur fond d’humanité orthonormée – géométrie intrinsèque de l’existence humaine. La mienne divague, ligne effilochée qui ne saurait se réclamer de la norme. Je vois, désormais, cette transparence d’os qui dévie ma trajectoire ; mon être, d’emblée, était pipé.

Je pose un billet sur la table, à côté de l’addition. Ma main tremble. C’est absurde, rien n’a vraiment changé, et pourtant j’ai l’impression de tricher, imposteur jeté au milieu d’un jeu dont je ne peux suivre les règles. Ce billet, cette chaise où je suis perché, l’empreinte de mes lèvres sur cette tasse ne sont qu’un leurre : je n’ai pas de place ici, je n’y suis pas.

« Vous pouvez garder la monnaie. »

Qu’en serait-il du sourire du serveur, s’il savait ? Je me lève, l’air de rien. Je me vois enfiler mon manteau à travers son regard. Je me vois, dissonance incongrue, clandestine.
Je tâte le trottoir, semelle prudente. Personne ne tique ; personne ne sait. Rien sur mon corps ne me trahit. Mon visage est passe-partout, ma peau d’homme est costume approuvé. Manteau serré tout contre moi, je passe.

*

« C’est une belle histoire ! » s’extasient-ils.
Que vaudrait la mienne pesée sur la balance de leurs critères ?

Hasard biologique, hic psychologique, il manque tout un pan à ma panoplie d’humain.

C’est un fait, un parmi d’autres dans mon lot de constantes ontologiques. Maintes fois j’ai essayé d’imaginer ce que serait la vie sans cette béance au fond de moi – exercice futile pour sempiternels brasseurs de vide, car peut-on être ce qu’on n’est pas, peut-on ressentir le monde autrement qu’à travers ses propres nerfs ? J’ai arrêté là mes songeries de métamorphoses et autres tentations de singerie.

Il n’y a rien à faire : je ne suis point cadre bancal à redresser ou jouet brisé à remembrer. Nulle chute originelle ne me condamne à la déviance. Je suis depuis toujours tel que je suis, brindille tordue au grand arbre de la vie, mais brindille malgré tout.

J’ai poussé herbe folle dans les jardins, j’ai poussé herbe sauvage en dehors des parterres.
Je ne m’excuserai plus de vouloir échapper à l’œil des jardiniers.

Chardon. Myosotis. Capucine.
Trouver l’intrus.

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Qu’y a-t-il dans un nom ? Tout le monde sait, tout le monde reconnaît l’évidence, et que les botanistes s’occupent de l’épineux reste ; une rose est une rose est une rose.
C’est ainsi que certains disent : « Ceci n’est pas une rose. », tout comme d’autres affirment « Cela n’est pas humain. » Car un homme est un homme est un homme.
Sur l’air ou le papier, le nom flotte léger ; sur les épaules, il a le poids d’une accolade irrévocable qui décide de l’être entier. La question demeure : qui préside à l’apposition d’un nom ?

L’essence de la rose est distillation des roses spécifiques, condensé par abstraction des points communs à elles toutes, et le nom de la rose en est l’étiquette, mot-toile qui recouvre sous une unique bannière l’ensemble des roses, actuelles et potentielles.
Dés lors, sera rose toute entité dotée des propriétés contenues dans l’essence de la rose : une certaine configuration de pétales, une allure particulière de tige et d’épine, un bouquet singulier de parfums. Celle qui ne s’aligne pas sur ce spectre de rose abstraite n’est pas rose, mais chat, tortue, capucine.
De même, sera homme tout être manifestant l’essence de l’homme. Qu’une propriété vienne à manquer, et le nom d’homme lui sera refusé.

Un tel raisonnement est erroné, car il confond l’essence avec la norme.

Non seulement la diversité du réel s’accommode mal d’une conception où un individu doit posséder toutes les propriétés caractéristiques d’une catégorie pour compter parmi ses membres, mais les catégories elles-mêmes ne sont pas données telles quelles : elles sont avant tout le résultat de processus cognitifs et culturels. Par conséquent, un statut particulier peut être accordé à certains individus qui en viennent à représenter une norme sans pour autant épuiser la variabilité de l’ensemble des membres de leur classe.

Il s’avère ainsi que les catégories ont tendance à s’organiser autour d’un membre central : le prototype. Celui-ci possède des caractéristiques jugées exemplaires mais est loin de représenter l’unique profil de sa classe. Dans nos représentations mentales, l’oiseau prototypique est petit, chante et vole, ce qui n’empêche pas l’autruche ou le pingouin d’être oiseaux au même titre que le moineau. Les catégories n’ont donc rien d’un flacon au contenu homogène : elles tiennent plutôt de l’arbre où chaque branche constitue une variation qui irradie à partir du centre.

Le prototype tire sa saillance de plusieurs facteurs parmi lesquels la fréquence n’est pas le moindre. Le plus souvent, les propriétés les plus répandues sont considérées comme centrales et élevées en tant que norme – le dictionnaire avoue :

normal, -ale, -aux, , adj. : Qui est conforme à la norme, à l’état le plus fréquent, habituel

Il existe bien un prototype d’homme qualifié de « normal ». Ce serait se leurrer que de le nier mais il faut garder à l’esprit qu’il n’est que cela : prototype et non pas essence. La normalité ne saurait être synonyme d’humanité car l’humanité est constellation : sur le graphe de l’architecte, elle a forme d’arabesques, lacis de différences et convergences sur fond commun – n-tuples variations en sapiens majeur. Oui, l’humanité clignote amas d’étoiles, et le lampion qui grésille en périphérie n’en brille pas moins que les flammèches du foyer central.

Décrasse-toi de l’évidence qui évide ton regard. Abdique ton nom. Alors seulement tu viendras à moi, sans fard ni ficelles autour du cœur.

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Ouvrez vos cahiers de philosophie, section contrat social. Vous y lirez : homo sapiens est un animal politique.

La terre, par vol de nuit, est superamas de cités flottant sur l’obscure masse des espaces inhabités. L’ermite même n’est que l’envers du citadin : tous deux partagent un unique substrat, cette pâte d’humanité qui tend à se faire grumeleuse, nouée en flaques de lumière autour des villes, des feux de camps dans les hautes steppes de Mongolie.

Le corps de l’homme n’est jamais seul, le corps de l’homme est politique.

Appartenir ! L’humain s’agrège, l’humain s’attroupe et que chacun prenne place.
Appartenir ! S’installer point sur la toile, longitude et latitude mesurées, acceptées, réservées.

Mais où sont donc mes semblables, afin que nous aussi allions fonder notre cité ? Ce soir je brandis mes bras rebelles. Suffit, cette friction avec la norme qui émousse notre quotidien. Suffit, ce jeu de cache-cache qui nous passe sous silence. Il est temps de se lever – be a nation once again.

Se lever.
Déployer ses vertèbres, le menton en avant-garde – planter le drapeau de mon corps à même vos cartes.
Habeo corpus.
J’ai place de par mon corps. Je persiste dans mon être, partie indissoluble de votre grand corps politique.
Habeo corpus.
Je suis là, indéniable.
Je me lève, homme parmi les hommes, proclamer mon droit d’exister.

Ce soir la politique m’apparaît comme un crayon qui retrace au gré des batailles les contours de l’humanité, à coup de biffe et de décret, à coup de sabre et d’artillerie. La question demeure : qui préside à l’apposition des frontières ?

L’air que respire l’homme est lourd, chargé d’inconscient collectif, de codes tacites – il grouille de savoirs invisibles, d’éléphants blancs pesants à force d’implicite, et l’homme qui naît troque son liquide amniotique pour un océan sémiotique non moins pénétrant.
Allez ensuite démêler ce qui vient de la moelle et ce qui vient de l’air.

Parfois mes pensées crissent à contre-courant lorsque j’avance, souffle spectral amplifié par le jeu de miroir, la conscience du miroir, ils savent que je sais qu’ils savent que. Il faut avoir l’esprit tordu pour sentir les non-dits brosser le poil ontologique en sens inverse, débusquer les fantoches qui peuplent les cités. J’ai beau frissonner, je ne courberai pas l’échine : il est des différences qui ne se négocient pas, car elles engagent l’être entier.

La véritable carte de l’esprit humain ne sera jamais l’officielle. Chaque homme porte en lui ses terra incognita, ses aires singulières, et je me lève pour reconquérir les continents que tous abritent, quelle que soit leur forme. Hissons les drapeaux – pourquoi dérouler la carte de mon être sous le scalpel des regards ?

Ce soir je suis levé !

*

Dilatation du cœur.
Je ne me laisserai pas dicter mes frontières.

Difficile, pourtant, de tracer ma voie sans sentir leur perspective tirailler mon horizon.

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Journée de merde.

On sait qu’on touche le fond quand on se prend à souhaiter être normal.
La normalité ! Ce spectre, cet horizon point de fuite qu’aucun voyageur n’a jamais atteint, c’est cela que je suis réduit à désirer.

En cet instant de l’espace-temps, moi dans ces chaussettes rayées noires et grises 50% polyester 50% à côté de la plaque, moi dans ces baskets précises, à ces coordonnées-ci de mon histoire, c’est cela que je désire, mon corps en tremble, réprime ses sanglots parmi la foule d’un grand boulevard.

Et j’ai peur.

Car mon regard en quête sur le visage de l’autre ne voit que ses courbes normées, et j’ai peur – de réduire le monde à cette dichotomie que je lui aurai imposée, de devenir fruit aigre fermé au soleil, aveugle aux envers moirés sous la peau de chacun. Faire de l’univers l’écran où projeter les boucles perpétuelles de mes anomalies.

Demain est un autre jour.

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Mon obsession de la différence m’a emprisonné dans la bogue de mon moi. Il faut dire, ma naïveté atteint des sommets, ce qui ne rend la chute que plus salutaire. Crack-paddaboum, crépitements d’angles morts brisés, ce regard s’est enfin ouvert.

Nous portons tous nos bagages d’os et de chair, nos terra insolita à revers de paupière – de l’autre côté : le papier glacé de nos costumes approuvés que l’on fait miroiter à la une de nos visages, jeu de reflets qui n’est que prélude à nos conciliabules secrets. Tu sais que je sais que tu sais que. Passons, parlons.

L’autre n’est pas réductible à une ultime fréquence : il pulse pluriel. Sapiens ne joue jamais seul et son JE est polyphonique, bouquet de voix changeantes enracinées dans un même poitrail. L’identité est fluide, se dessine en volutes bizarroïdes qu’aucune étiquette ne saurait encapsuler. L’humanité est feu d’artifice déployé en arc sur tout mon ciel. Je vois désormais les mille et une déviances, les mille et une convergences.

Trouver l’intrus ? La question est sans issue – l’univers, après tout, n’est-il pas en expansion ?

*

Babel du regard – il n’est pas deux cartes des cieux qui se ressemblent. Toutes se valent, toutes ont droit de présence. Pourquoi, demande Christopher, réduire Orion au chasseur alors que latents y sommeillent une cafetière et un dinosaure ?

J’ouvre ce cahier, déroule ses pages en projet à mes pieds – tant pis si mes routes sont peu fréquentées, si je dois bondir d’étoile en étoile créer un nouvel alphabet de constellations. Si je dois tomber dans le noir entre-deux à la rencontre de lumières à venir.

Ne taisons plus les dinosaures roulés en boule dans nos regards.

Je m’en vais tracer mon chemin d’étoile.

Orion

_______________

Disclaimer: Ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance ou allusion intertextuelle n’est absolument pas fortuite.

¤ La citation de Barjavel est extraite de son essai La faim du tigre, 1966.
¤ Si vous trouvez que l’éléphant de la parabole a un air de famille avec celui de l’idiome anglais « the elephant in the room », vous n’avez pas tort.
¤ Christopher est le narrateur du roman The Curious Incident of The Dog in the Night-Time de Mark Haddon.

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Une Réponse to “Projet Android 5437dc”

  1. Loup said

    Oui, mille fois oui ! Et, tant pis si mes routes sont peu fréquentées. Je trace mon chemin d’étoile. Oui pour d’offrir autant de spacialité à l’univers infini de la vie. Oui, ce texte est de toute beauté. Oui, je suis sous le charme de ma jeune lecture. Oui, j’entends tes mots qui se distillent en moi et forment une forme issue de ton regard. L’arbre de la découverte qui, par le truchement du langage, s’étend d’humain en humain, verdit de l’intelligence partagée. Oui, à cet instant, je profite de l’ici et du maintenant !

    Et, pour finir sur une pensée inspirée de ta lecture, bien qu’elle ne soit pas souhaitable pour le confort de vie quotidienne, j’ai toujours été jaloux des fous. Des anormaux. De ceux-là dont la grille de lecture est non conforme, voire pire, déviante. De notre navigation, aucune dérive n’est permise. Il en va ainsi de l’ordre. À quoi ressemble le complot du dés-ordre mondial ? Je suis sûr que celui-ci est joyeux et festif. Et, qu’en penserait le petit prince ?

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