CITROUILLE

12 février 2014

miroir

Soigneusement tu masques, coquette mandarine,
De fard chaque matin, l’ovale de ton visage
Par un pinceau de soie doucement tu saccages
La douceur de ton teint sous cette poudre assassine.

Flétrissant ta jeunesse dans cet écrin factice
Ton minois se dépare de toute sincérité
Et l’on dirait un masque, ornement mensonger
Serais-tu des citrouilles l’humaine ambassadrice ?

Peut-être souffres-tu de forts troubles oculaires ?
Prendrais-tu pour Panurge ce légume bedonnant
Et suivant son exemple, mouton peu clairvoyant
De nuances orangées ta carnation s’altère ?

Voudrais-nous cacher certaines activités
Serais-tu saltimbanque, fallacieuse nymphette,
Et trop consciencieuse, te tenant toujours prête
Tu serais nuit et jour abondamment grimée ?

Ou bien peu-être es-tu férue de préhistoire
Et de tes origines un peu mélancolique ?
Nos ancêtres foulaient la terre rouge d’Afrique
Pieusement tes pommettes honorent leur mémoire.

Caches-tu sous tant de crème des peurs inavouées,
Craindrais-tu  tant sans ruse l’opprobre du miroir
Pour ombrer tes paupières au khôl du désespoir
Et ainsi alléger l’inique joug de Psyché?

Belle enfant, ne fane pas ta nitide fraîcheur
Ôte de ta figure ce subterfuge odieux
Car sous tant d’artifices, ce n’est que poudre aux yeux
Voilant la nitescence des élans de ton coeur.

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5 Réponses to “CITROUILLE”

  1. Loup said

    Oui, mille fois oui ! Et, tant pis si mes routes sont peu fréquentées. Je trace mon chemin d’étoile. Oui pour d’offrir autant de spacialité à l’univers infini de la vie. Oui, ce texte est de toute beauté. Oui, je suis sous le charme de ma jeune lecture. Oui, j’entends tes mots qui se distillent en moi et forment une forme issue de ton regard. L’arbre de la découverte qui, par le truchement du langage, s’étend d’humain en humain, verdit de l’intelligence partagée. Oui, à cet instant, je profite de l’ici et du maintenant !

    Et, pour finir sur une pensée inspirée de ta lecture, bien qu’elle ne soit pas souhaitable pour le confort de vie quotidienne, j’ai toujours été jaloux des fous. Des anormaux. De ceux-là dont la grille de lecture est non conforme, voire pire, déviante. De notre navigation, aucune dérive n’est permise. Il en va ainsi de l’ordre. À quoi ressemble le complot du dés-ordre mondial ? Je suis sûr que celui-ci est joyeux et festif. Et, qu’en penserait le petit prince ?

  2. Loup said

    Je laisse un commentaire du Projet Android 5437dc sur Citrouille ! Les erreurs tiennent parfois de la poésie, peut-être même toujours ?
    On ne saura jamais Belle enfant et, c’est mieux ainsi.

  3. Loup said

    J’suis de ces mandarines aimant l’outrage
    Je me grime comme un clown qui clignotte
    Je brille la nuit comme un lapin fluorescent
    Belle enfant, je suis une pute du marketing

    Je vis pour ce mannequin en papier glacé
    Je me suis transporté en beauté éternelle
    J’ai refusé de vieillir pour toujours séduire
    Volé à l’autre la fascination pourtant offerte

    J’aime la triche, l’excès et le faux du théatre
    Je suis l’ombre hypocrite de ta nature révée
    Je porte cette poudre au yeux pour masque
    Ton rêve de dégénérescence est odieux…

    Crois-moi, la vérité n’est pas belle à vivre.

  4. audoudou said

    Ta beauté éternelle n’est pas faite de fard
    Et ce qui restera de ton corps putrifié
    Distillera sous terre toute cette futilité.
    Ne sens tu pas ce vide, cet immonde cafard ?

    Quelle vérité enfin serait si laide à voir ?
    Dans ta fuite infinie tu sèmes l’essentiel.
    Nous sommes tous masqués, tous superficiels.
    Courir après le faux nous mène à l’abattoir.

  5. Loup said

    Le faux est part de vrai,
    paré dans cette parure,
    le faux est, par ce vrai.

    La fourrure est animale,
    le masque est végétal,
    moi, je suis cet humain.

    Mon corps est présent,
    et vois ce présent offert,
    caché dans un présent.

    Ce dévoilement est art,
    qui s’effeuille, vit l’ébat,
    abat et mène-moi tard.

    Eu ! passion masquée,
    ces corps révélés, nus,
    tu me portes aux nues !

    Eh vérité ? tu est la nuit.
    La vérité ? tu es l’ennui.
    Laisse-moi te deviner…

    bouffie, ronde, décorée,
    désirable cucurbitacée.

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