Cosmogonie du pigeon

3 décembre 2013

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Oyez, oyez, ils sont parmi nous ! Les dinosaures ne se sont pas éteints il y a 65 millions d’années : ils chassent, nichent, se pavanent encore aujourd’hui à loisir dans nos paysages quotidiens, au point qu’ils nous serait difficile d’imaginer nos cités et nos forêts sans eux – car que serait Paris sans ses pigeons ?

Car, oui, les oiseaux sont des dinosaures.

Les classifications traditionnelles du vivant et leur distinction entre cinq classes de vertébrés (poissons, amphibiens, mammifères, reptiles et oiseaux) ont été supplantées par les classifications évolutionnistes qui regroupent les êtres vivants selon leur degré de parenté. Dans ces approches, chaque branche de l’arbre de la vie est caractérisée par une innovation dérivée d’un état antérieur et chaque nœud représente un ancêtre commun hypothétique qui définit un regroupement d’espèces ou taxon.

Les travaux scientifiques de ces vingt dernières années convergent vers une classification où le taxon dinosauria inclut les oiseaux, ce qui fait de ces-derniers les descendants directs et uniques survivants de la lignée des dinosaures.

En bref, le tyrannosaure tient plus du pigeon que du stégosaure :

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Le rattachement de l’histoire évolutive des oiseaux à celle des dinosaures commence par la découverte d’un étrange fossile mi-reptile mi-oiseau baptisé Archaeopteryx en 1861, deux ans après la publication de The Origin of Species. Avec sa longue queue osseuse, ses ailes pourvues de griffes et ses plumes, archaeopteryx tombait à pic pour démontrer l’existence des formes transitoires prédites par la théorie de l’évolution. C’est cette analyse qu’en fit le biologiste Thomas Henry Huxley, l’un des premiers à proposer un lien de parenté entre les dinosaures et les oiseaux. Son hypothèse fut toutefois reléguée aux oubliettes, et ce n’est qu’un siècle plus tard qu’elle refit son apparition avec les travaux de John Ostrom sur deinonychus, un petit dinosaure dont l’allure générale évoque celle des oiseaux. Elle fut consolidée dans les années 90 par la découverte de nombreux fossiles de dinosaures à plumes ainsi que d’oiseaux primitifs très proches des dinosaures, au point qu’il ait été difficile d’établir pour certains spécimens la ligne de démarcation entre oiseau et dinosaure.

Aujourd’hui la communauté scientifique s’accorde pour faire dériver la lignée des oiseaux de celle des dinosaures théropodes dont font partie les tyrannosaures ainsi que de plus petites espèces comme microraptor. Les détails de l’histoire restent à établir mais les découvertes de ces dernières décennies ont bouleversé notre vision des dinosaures et de l’émergence du vol des oiseaux. De nombreuses caractéristiques auparavant considérées comme des adaptations au vol existaient déjà chez des dinosaures incapables de voler : certains théropodes avaient en effet les os creux, un système respiratoire avec des sacs aériens…et des plumes !

D’un regard sur la galerie des fossiles, nous balayons l’échelle des temps géologiques et assistons à l’envol du T-rex – par pigeon interposé.

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2 Réponses to “Cosmogonie du pigeon”

  1. dom said

    Et nous partagerions avec ces anciens le rêve de vol … !

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